La spasmophilie est-elle une vraie maladie ?

Vous sortez de chez le médecin avec un lourd diagnostic : il vous a dit que vous souffriez de spasmophilie. Mais est-ce que la spasmophilie est une vraie maladie. Devez-vous vous inquiéter ? Etes-vous condamné ?

Tout d’abord la spasmophilie n’existe qu’en France car dans tous les autres pays on parle de crise d’angoisse ou d’attaque de panique. Pourquoi les médecins français utilisent-ils ce terme plutôt que d’appeler cela tout simplement crise d’angoisse ou attaque de panique ? Cela fait partie de ces petits particularismes locaux comme il y en a tant d’autres à part qu’ici comme il s’agit de santé ça fait paniquer tout le monde.

La spasmophilie n’est pas une maladie même si les médecins semblent vous dire le contraire. en effet, c’est votre cerveau qui est dans l’erreur. Pendant une crise d’angoisse, il ne fait pas la différence entre les causes et les conséquences.

Permettez-moi d’éclaircir ce point

Tous les symptômes de la crise de panique et qui sont vraiment très déplaisants sont normalement une sonnette d’alarme enclenchée par notre cerveau pour nous faire comprendre qu’il y a un danger, et ce ne sont pas du tout une cause de danger. C’est là que le cerveau confond les causes et les conséquences. Dans le cas d’une crise de panique, un élément déclencheurs aussi banal soit-il provoque une réaction physique. Ensuite le cerveau se focalise sur cette réaction en la prenant pour un danger et la machine s’emballe…

Imaginez un instant que vous roulez tranquillement sur une route de campagne et d’un coup une biche traverse la route. Vous allez soit freiner violemment soit donner un coup de volant pour éviter l’animal. Ensuite vous allez sentir que votre cœur s’est emballé, tout comme votre respiration. Et tout votre corps et dans un état de tension extrême. Ce sont les manifestations physiques qui préparent le corps à un réel danger (la traversée de la biche et le risque de finir dans le fossé).

Mais dans le cas d’une crise de panique, c’est parfois un événement sans importance qui déclenche les symptômes. Ne sachant quelle cause trouver à cet état, le cerveau se concentre sur ces symptômes et y voit la cause de tous ses maux.

Le cerveau fait en plus fausse route à un second niveau. Comme vous n’avez pas défini la cause du danger, vous avez l’impression d’être totalement impuissant face à la situation. Et c’est bien le deuxième tort rencontré lors des crises d’angoisse. Car vous n’êtes pas impuissant, bien au contraire.

Cette confusion du cerveau provoque la notion même de perte de maitrise et d’incapacité à gérer nos émotions et nos réactions au moment de la crise. Comme nous inversons la cause et  la conséquence, le sentiment d’impuissance se renforce et la sonnette d’alarme résonne encore plus longtemps.

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