La réaction d’alarme : un puissant coup d’accélérateur.

angoisse-stressQue se passe-t-il quand vous avez à faire face à un événement stressant ? La réaction de stress passe en fait par trois phases bien distinctes : la première phase consiste en une réaction d’alarme. C’est cette réaction d’alarme qui vous saisit en cas d’accident, d’attaque ou de traumatisme brutal. Elle est caractérisée par diverses modifications sanguines et hormonales (en particulier une décharge d’adrénaline qui, à son tour, provoque de multiples effets sur votre organisme) ainsi que par une stimulation de certaines zones de votre cerveau. La réaction d’alarme vous prépare à réagir quand vous êtes face au danger : elle agit comme un puissant coup d’accélérateur qui vous permet de foncer instantanément en utilisant de façon quasi immédiate toutes les ressources de votre organisme. Grâce à elle, vous êtes plus fort et vous courez plus vite : la peur donne des ailes.

Ne vous est-il jamais arrivé, ayant eu à faire face à une situation particulièrement difficile, de vous étonner rétrospectivement de votre réaction ? Dans l’instant, vous avez fait preuve d’une clairvoyance, d’une vigueur, d’une rapidité dont vous ne vous croyiez pas capable. Eh bien ! c’est à cette fameuse réaction d’alarme que vous le devez.

La phase de résistance : vous puisez dangereusement dans vos réserves.

Mais, bien évidemment, tout se paie : mobiliser toute son énergie d’un seul coup nécessite qu’ensuite on prenne le temps de recharger ses accus. Mais que se passe-t-il si vous faites en permanence appel à vos réserves, pour un oui pour un non ? Une telle chose peut se produire dans deux types de situations : tout d’abord, vous pouvez être confronté à un stress persistant et intense comme une maladie, une rupture, un changement brutal de mode de vie, toutes choses figurant en bonne place dans notre échelle de stress. Ou bien c’est une infinité de petits stresses qui s’accumulent les uns après les autres, entraînant une guerre d’usure. Dans les deux cas, la réaction d’alarme finit par céder le pas à la réaction de résistance : l’organisme se voit alors contraint de mobiliser de façon continue toutes ses défenses contre l’agent stresseur.

Nous la vivons tous, cette guerre d’usure que nous venons d’évoquer : nous avons de petites frayeurs en voiture ou dans le métro, nous sommes constamment démarchés, agressés, chez nous ou dans la rue, de vive voix ou par téléphone, par des solliciteurs de toutes sortes qui veulent nous prodiguer des conseils, nous faire faire des affaires, qui veulent qu’on vote pour eux ou pour leurs amis, qu’on participe à ceci ou cela, qu’on approuve, qu’on désapprouve, qu’on s’insurge, qu’on s’apitoie. Non seulement nous devons supporter nos ennuis, mais on ne nous laisse rien ignorer de ceux des autres (halte à l’égoïsme, au repli sur soi-même, nous sussure-t-on) : chaque jour, les médias nous abreuvent de mauvaises nouvelles, d’accidents, de famines, de guerres. Pris de vertige, certains glissent, perdent pied, cherchent quelque chose de stable, une bouée de sauvetage à laquelle ils pourraient se raccrocher. Mais à quoi pensent-ils, ces malheureux ? Plus rien n’est stable, de nos jours. Il faut changer, évoluer, s’adapter, faute de quoi on perd son emploi, son époux ou son épouse, son argent et sa propre estime. Alors, pour survivre, nous changeons : nous changeons de qualification professionnelle, nous changeons de voiture, nous changeons de moeurs, d’époux ou d’épouse, de cravate, de montre.

Et, peu à peu, nous fatiguons. Il y a de quoi.

Certains, soit en raison d’une constitution plus délicate, soit parce qu’ils envisagent chaque stress, chaque changement sur un mode plus dramatique que leurs voisins (ne vous angoissez pas à ce sujet, nous allons y revenir…) vont se trouver plongés dans la phase de résistance contre le stress. Ils ressentiront alors une sensation d’oppression, de boule dans la gorge, de bouche sèche. Leur estomac sera noué, leur digestion se fera mal, ils auront des maux de tête, des insomnies, transpireront parfois sans raison apparente. Leurs muscles, toujours en état de tension, seront responsables d’un état de fatigue permanent. Ils seront devenus des anxieux chroniques.

Insensiblement, ils se fragilisent : leurs capacités d’adaptation s’effritent, s’amenuisent. Il ne faudra plus grand-chose pour qu’ils craquent, d’une façon ou d’une autre. Ce sera, par exemple, l’apparition d’une maladie psychosomatique comme un ulcère gastro-duodénal, ou bien certains troubles cardiaques ou encore les complications d’une hypertension artérielle. Ce pourra être aussi une maladie quelconque qui s’installera facilement sur un organisme affaibli. Ou bien ce sera un trouble de type psychologique que l’on parvenait jusque là à tenir à distance et qui prendra désormais le dessus : une alchimie encore mal comprise où interviennent personnalité, hérédité et épisodes de la vie passée fera que l’on deviendra phobique, déprimé, alcoolique, boulimique, sujet à des obsessions, et bien d’autres choses encore que je ne nommerai pas pour ne pas vous angoisser.

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