La phase d’épuisement : vous avez brûlé la chandelle par les deux bouts.

angoisse-epuisementEt au stade ultime du stress, que se passe-t-il ? Dans le cas où l’on a affaire à un stress intense et persistant, on aboutit alors à la phase d’épuisement : toutes les réserves ont été consommées et l’individu meurt d’épuisement. C’est selon ce scénario que meurent certains alpinistes imprudents, mais aussi bien des malades ou des opérés quand leur organisme ne parvient pas à surmonter le stress que constitue leur maladie ou le traumatisme opératoire. Il arrive aussi, comme nous le verrons un peu plus loin, que des stresses de nature purement psychologique puissent produire un effet identique et aboutir à la mort. Que l’on se rassure : il s’agit-là de quelque chose d’exceptionnel.

Faut-il donc éviter systématiquement le stress ?

Pourtant, malgré tout le mal que nous venons de dire du stress et de ses funestes conséquences, ne croyez pas que tout soit négatif dans le stress.

Nous venons déjà de voir que, durant une phase d’alarme, la réaction de stress de notre organisme nous permet de mobiliser d’un seul coup toutes nos potentialités pour faire face à un danger. Ce n’est pas un mince avantage : il est des situations où tout se joue au centième de seconde, où l’on a besoin de toute sa force, de toute sa vitalité.

Mais il y a plus encore : le stress, la stimulation nous sont indispensables : si rien ne venait nous stimuler, l’existence deviendrait vite insipide, nos facultés de réaction s’affaibliraient. C’est uniquement le surcroît de stress qui se révèle nuisible : si nous sommes dépassés par les événements, nous devenons alors incapables d’y réagir de manière adaptée.

En temps normal, le stress constitue pour nous un indispensable stimulant, les vitamines de notre esprit.

Par exemple, un certain niveau d’anxiété, une certaine tension, et même une légère peur nous sont nécessaires dans bon nombre d’actions : l’étudiant a besoin de redouter les résultats de son examen pour être incité à travailler, le conducteur d’automobile doit craindre l’accident pour rester vigilant, le soldat doit savoir ce qu’il risque pour préserver sa vie.

Chaque confrontation avec une situation de stress est en quelque sorte une épreuve. C’est cet affrontement permanent, cette obligation qui nous est faite de lutter sans cesse qui aiguise notre esprit, nous vivifie, nous tonifie, nous maintient en forme. Chaque situation de stress que nous maîtrisons nous rend plus apte à affronter le stress suivant.

Nous l’avons déjà dit et nous le répétons : tout, en fait, est question d’intensité. Trop de stress et c’est le débordement : l’étudiant confronté à une épreuve trop ardue, dépassant ses capacités, refusera l’obstacle après une phase de lutte plus ou moins longue. Il cessera d’apprendre, deviendra mou, dépressif. De même, un individu hyperprotégé, qui n’a jamais l’occasion de se mesurer à la moindre difficulté, de s’aguerrir, suivra une voie tout à fait similaire : il sera rapidement lymphatique et déprimé.

L’idéal, donc, n’est certainement pas de vivre une vie dépourvue de toute tension, faite d’un calme lénifiant perpétuel. Il est, au contraire, indispensable de se mesurer à des épreuves suffisamment ardues pour qu’elles soient stimulantes, mais suffisamment aisées pour ne pas se mettre en situation d’échec. Cela tombe tout à fait bien : nous verrons plus loin que c’est exactement ce qu’il convient de faire pour se guérir de ses peurs et de ses phobies.

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