La panique

angoisse-paniqueMais tout le monde ne réagit pas ainsi. Et même, la plupart du temps, ce serait exactement l’inverse : la peur engendre un état de confusion mentale tel qu’on en devient incapable d’agir de manière judicieuse. Dans certaines circonstances, cela peut se révéler dramatique.

Prenons la situation suivante : vous êtes dans une salle de cinéma. Soudain, vous sentez une odeur curieuse : quelque chose comme du plastique brûlé. De la fumée, puis des flammes apparaissent. Vos voisins vous bousculent pour s’échapper en direction de la sortie et, bien entendu, tout aussi paniqué qu’eux, vous les suivez. Parvenus devant la porte qui donne accès au-dehors, les gens de mettent à pousser, puis à frapper de toutes leurs forces pour tenter de l’ouvrir, mais celle-ci reste obstinément fermée. Comme vos infortunés compagnons, vous mourrez asphyxié par l’incendie et vos dernières pensées conscientes seront pour maudire l’inconséquent personnage qui aura verrouillé à double tour les issues de secours.

Plus tard, un pompier essaie les portes. Celles-ci s’ouvrent sans la moindre difficulté, mais vers l’intérieur et non vers l’extérieur : submergés par la panique, vous et vos compagnons d’infortune avez cherché à ouvrir les portes à contre-sens.

De même, bien des plongeurs sous-marins, confrontés à des difficultés mineures, ont payé de leur vie le fait de se laisser envahir par la peur. Il suffit parfois d’un incident banal, comme une palme ou un morceau de combinaison qui s’accroche à un rocher, ou un peu d’eau qui s’introduit dans le masque. Cela, additionné au froid et à la fatigue physique déclenche la réaction de panique. L’angoisse claustrophobique se réveille alors brusquement, le plongeur se sent pris d’étouffement à l’idée des tonnes d’eau qui l’oppressent. Au lieu de corriger l’incident, de se décrocher du rocher, de vider son masque comme on le lui a appris, il veut remonter à tout prix. Il tire maladroitement, déploie des efforts inutiles, à contre-sens. La peur paralyse son cerveau, l’empêche de penser à se débarrasser de son lest, de se rendre compte que pour se dégager il lui faut tirer au lieu de pousser. Sa respiration s’emballe, devient superficielle. De ce fait, l’air ne parvient plus à ses poumons, ce qui l’affole encore plus. Il finit par se noyer, là, stupidement, à quelques mètres de la surface.

Là encore, les phobiques se reconnaîtront : ils savent à quel point la panique leur embrume l’esprit. Chaque phobique appréhende ce moment où il n’a plus qu’une seule envie : tout lâcher, fuir, fuir à toutes jambes, quelles qu’en soient les conséquences !

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