Après la peur : le choc traumatique et la névrose post-traumatique

angoisse-choc-traumatiqueLorsque tout est fini, lorsque le danger est passé, là aussi les réactions sont très diverses : certains montrent des signes de peur rétrospective et se mettent à trembler sans pouvoir se maîtriser. D’autres sont comme sidérés et hébétés. D’autres encore s’agitent, en proie à une grande excitation, une euphorie exagérée. Un rien les distrait et attire leur attention. Leur esprit vagabonde, passant du coq à l’âne. C’est ainsi qu’après une catastrophe certains déploient une activité frénétique, voulant organiser les secours, venir en aide aux blessés, mais, s’ils ne sont pas encadrés, leur action manquera souvent d’efficacité véritable : bien qu’ils ne s’en rendent pas compte, ils sont eux-mêmes profondément choqués.

Une troisième phase apparaît ensuite, consistant en une sorte d’effondrement : l’heure est à la dépression. Les survivants se montrent apathiques, incapables d’initiative personnelle, très influençables, prêts à suivre bons et mauvais conseils du premier venu qui saura parler haut et fort.

Durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, le traumatisé ne supportera pas d’être laissé seul, ne serait-ce que quelques minutes. Il sera dans un état permanent d’angoisse, aura peur de l’obscurité, sursautera au moindre bruit, se montrera irritable, aura souvent l’impression d’être épié en permanence, suivi où qu’il aille. Il luttera contre le sommeil, craignant de revivre encore et encore sa terrible aventure, cauchemar interminable qui le laissera trempé de sueur au petit matin. Peu à peu, si rien n’est fait pour lui venir en aide, il pourra perdre l’appétit, sombrer dans la tristesse, le pessimisme, la dépression. Il sera devenu la proie d’une névrose traumatique.

La plupart des individus qui ont été amenés à frôler la mort, qui ont vécu des instants de terreur intense finissent par récupérer et retrouvent la joie de vivre : il en va ainsi de la plupart des accidentés de la route, des employés de banque ayant été victimes d’un hold-up ou des survivants d’une quelconque catastrophe. Toutefois, quand le stress a été d’une intensité inouïe, inhumaine, par exemple dans le cas de prisonniers torturés, de rescapés de camps de concentration, les survivants conservent une angoisse importante et font encore des cauchemars plusieurs dizaines d’années après leur libération. Différentes études psychologiques portant sur ces anciens torturés ont mis en évidence que la gravité des troubles dont ils souffraient était directement proportionnelle à la sévérité des traitements auxquels ils avaient été soumis.

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